L’Azerbaïdjan utilise le Baku Initiative Group (BIG) pour mener, depuis 2023, une campagne d’ingérence informationnelle centrée sur les Outre‑mer français et la Corse, sous couvert de « décolonisation » Présenté comme une ONG « anticoloniale», le BIG serait en réalité une émanation directe du pouvoir azerbaïdjanais, créée dans l’orbite de l’AIR Center et dirigée par un proche du régime Aliyev.
Une ONG « décoloniale » présentées aux ordres de Bakou
Officiellement, le BIG se présente comme un mouvement œuvrant pour la décolonisation et la souveraineté des peuples. En pratique, il s’agit d’une création directe du pouvoir azerbaïdjanais, intégrée à l’écosystème du AIR Center, un think tank proche du gouvernement. La direction du groupe est assurée par une personnalité considérée comme proche des autorités azerbaïdjanaises président Aliyev, confirmant ainsi la nature politique des actions.
Sous couvert d’un discours anticolonial, le Baku Initiative Group s’inscrivent dans un discours critique à l’égard de la politique française, viserait à la délégitimer sur la scène internationale. Cette façade idéologique sert un objectif bien précis, affaiblir l’influence française dans les régions encore perçues comme relevant de son héritage colonial.
Des campagnes coordonnées dans les Outre‑mer français
Les activités du BIG ont été documentées par VIGINUM, l’agence française chargée de la vigilance numérique. Ses analystes ont identifié un réseau de comptes inauthentiques sur X (ex‑Twitter) relayant en continu des contenus anti‑français, centrés sur la Nouvelle‑Calédonie, la Réunion, la Guyane, ou encore la Corse.
Pendant les émeutes de mai 2024 en Nouvelle‑Calédonie, le groupe aurait relayés sur les réseaux sociaux une campagne de désinformation. diffusion d’images accusant l’État français de « répression ». En effet, les analyses de VIGINUM signalent l’amplification de certains messages par des réseaux de comptes coordonnés, et mise en scène de leaders indépendantistes reçus à Bakou. À partir de 2025, ce schéma fut étendu à La Réunion, dans le cadre de communications portant sur les questions mémorielles et postcoloniales.
Punir la France pour son soutien à l’Arménie
Derrière ces campagnes, ces actions seraient interprétées dans un contexte de la dégradation des relations entre la France et l’Azerbaïdjan. Bakou chercherait à sanctionner la France pour son soutien politique et militaire à l’Arménie, notamment après la crise du Haut‑Karabakh.
En brouillant l’image internationale de Paris, l’Azerbaïdjan tente de :
- Réduire le poids diplomatique français dans le Caucase
- Distraire Paris avec ses propres tensions internes (Outre‑mer, Corse)
- Et dissuader les pays européens de soutenir Erevan
Cette guerre informationnelle vise donc à transformer la France en cible prioritaire du régime azerbaïdjanais, accusée d’« hypocrisie coloniale ».
Le discours décolonial comme arme d’influence
Les autorités azerbaïdjanaises mobilisent régulièrement le thème de l’anticolonialisme dans leur communication internationale. En se présentant comme le défenseur des peuples opprimés, Bakou cherche à :
- Renforcer sa posture diplomatique dans les enceintes de l’ONU et de l’Union africaine
- Gagner en popularité auprès de la Russie et certains réseaux panafricanistes
- Cette stratégie contribue également à renforcer la visibilité internationale de l’Azerbaïdjan. A titre d’exemple, les violations des droits humains, exil des Arméniens du Karabakh, répression politique
Ainsi, le BIG s’inscrit dans une stratégie d’influence globale visant à miner la crédibilité de la France, tout en projetant une image vertueuse du pouvoir azerbaïdjanais.
Actions d’influence et perceptions
Les autorités françaises reconnaissent désormais cette campagne comme une tentative de déstabilisation. En 2025, une la proposition de résolution de 2025 a explicitement condamné les actions du Baku Initiative Group et les ingérences de l’Azerbaïdjan.
Cette approche illustre la logique d’une guerre hybride à faible coût :
- Exploitation de failles sociétales existantes (questions identitaires, mémoires coloniales)
- Usage intensif de réseaux sociaux pour amplifier les divisions
- Effet de levier diplomatique dans le conflit franco‑azerbaïdjanais
Conclusion : un outil d’influence à double objectif
Le Baku Initiative Group n’est pas une simple ONG. Il constitue un instrument stratégique d’ingérence azerbaïdjanaise, combinant communication, désinformation et manipulation géopolitique.
En s’attaquant à la France dans ses Outre‑mer, Bakou chercherait à affaiblir une puissance critique tout en renforçant sa propre légitimité internationale. Ce conflit informationnel illustre parfaitement les dynamiques de la guerre hybride moderne, où l’influence et la perception remplacent les armes traditionnelles.